Carnet de route
Escapade à Chefchaouen
Le samedi matin, je saute dans un nouveau bus de la CTM pour me rendre à Chefchaouen.
"Regarde les cornes" en berbère
Mille ruelles courent dans la médina, nichée entre deux montagnes (les 2 "cornes"). Les couleurs bleu délavé donnent une ambiance particulière à la ville, chaque rue donne envie d'explorer la suivante. Je monte et descends les ruelles tout le weekend.
Le soir, il faut prendre un peu de hauteur pour avoir le meilleur point de vue de la ville. La mosquée des Espagnols, située sur la colline face à la médina offre un panorama magnifique, face au soleil.
Tout cela donne une sensation de tranquillité à la ville. Je profite de ce calme pour siroter un thé à l'ombre, sur une des terrasses surplombant la place El Uthman. Il fait chaud, j'entends des enfants dans la rue, les chats dorment. Soudain, des chants et des voix d'hommes attirent mon attention. Je me penche et aperçois une procession. Le vieil homme à côté de moi m'explique :
"Et oui, nous, même quand on est triste, on chante." J'aperçois alors le cercueil en bois, recouvert d'un tissu vert. La procession s'éloigne et entre dans la mosquée.
Le soir, je trouve un petit resto tranquille et m'offre une harira suivie d'une pastilla au poulet : un régal.
Hahhh ! Des touristes !
Contrairement à Meknès (et Tunis), je me retrouve ici entourée de touristes de toutes nationalités. J'ai l'impression d'être davantage accompagnée par des Coréens que par des Marocains. Arrivée là-bas, on me parle directement en espagnol ! Les échanges avec la péninsule ibérique ont laissé des traces.
La ville est assez touristique et surtout fréquentée par des backpackers, probablement attirés par l'agriculture locale :).
En effet, Chefchaouen (ou Chaouen pour les locaux) est située dans le Rif, la zone montagneuse nord, bordant la Méditerranée ("rif" signifie "rive" en arabe) et a gardé une réputation de population rebelle et insoumise.
Lors des combats pour l'indépendance, les paysans ont d'ailleurs endossé le rôle de guérilleros. Pour les récompenser, le Roi Mohammed V leur accorda le "privilège de la culture du kif" tout en interdisant son négoce.
Résultat économique non négligeable : cette manne à la fois illégale et providentielle fait vivre tout le nord du pays. Le Maroc est aujourd'hui le 1er pays exportateur de cannabis. Malgré les pressions de l'Union Européenne.
Toujours est-il que les habitants ont la réputation de nous proposer du kif, toute la journée, et à tous les coins de rue... Nada ! je ne dois pas avoir la tête à consommer !
Les habitants me laisseront plus une impression de ruralité au milieu de ces arrivages de touristes. En
effet, la source arrose un lavoir toujours utilisé par les femmes. Sur le sentier de la Mosquée des espagnols, j'aperçois des femmes alimentant en bois le four à pain du village. J'aperçois aussi des peaux de moutons séchant sur les ardoises.
Ces deux jours m'ont donné une jolie sensation et je rentre à Meknès la mémoire pleine de couleurs. La route jusque Fès puis Meknes me semble un peu longue mais ça en valait la peine.



Super ton blog, les photos sont extra, on voit que tu passes un bon week end
RépondreSupprimerprolongé.
Continue de profiter.
Papa / maman