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3 années de coopé en quelques chiffres

07:56:00
  • 16000 km en avion (à vol d'oiseau)
  • 3100 : altitude maximale atteinte dans le Haut -Atlas, avec les Pétillon
  • 1062 jours de coopération (du 8 septembre 2014 au 5 août 2017)
  • 200 posts sur le blog
  • 155 élèves (45 enfants à Halfaouine, 30 à l'alphabétisation de Tunis, 80 au Centre Saint Antoine)
  • 76 cartes postales envoyées
  • 46°température maximale affichée à Meknès.
  • 45 jours d'arrêt de travail 
  • 25 heures de traversée en bateau avec deux matelots de choc (Christophe et Marina)
  • 21,5 visiteurs et visiteuses (Lucile, Fabrice, Elinn, Charlie, l'invité clandestin... Emese, Papa et Maman, Anne & Christophe, Sophie, Hamza & Gene, les Petillon, Christophe & Boualem, Lolo)
  • des dizaines de litres de thé à la menthe, autant de couscous dévorés et quelques longueurs de saucissons de provenance illicite...
  • 17 sites UNESCO visités (8 en Tunisie et 9 au Maroc)
  • 10 colis reçus
  • 6 nuits sous des tentes nomades dans le désert
  • 3 nuits dans des bus (pour Tozer, Douz et Merzouga) et une nuit dans une gare (Gabes), 4 nuits sous la tente et d'innombrables nuits sous "ma tente berbère", à savoir ma moustiquaire-maison!
  • 1 cheville cassée à Halfaouine et 1 pouce entaillé à Oued Laabid
  • : température lors de ma 1ère nuit dans le désert ( Noël 2014)

5 colocs de folie et 3 frères inoubliables pour une expérience inestimable !

and last but not least : 1 joli mariage en préparation


« La vie est un champ à cultiver, voyager c’est y semer les couleurs du monde ».

Zouina

20:24:00

Quelques belles images pour le 200ème post du blog !



Essaouira et ça ira

13:56:00
Après la visite de nos chargés de mission DCC, la semaine de vacances scolaires est la bienvenue. D'autant plus que le soleil est au rendez-vous et que l'air de la mer me manque !
Avec Yann et Solène, volontaires à Casa pour les écoles de l'ECAM, nous louons une voiture. Après quelques incertitudes qui nous tiendront en haleine jusqu'au jour du départ ("Oui oui, j'ai une voiture pour vous mais rappelez dans deux jours!" " Rappelez demain..." " Je ne peux avoir une voiture qu'à partir de l'apèrs midi!') nous récupérons enfin une petite Fiat Panda et nous prenons la route de Oualidia, un peu avant Safi.

Les embruns de Oualidia

J'attendais de sentir l'air iodé depuis un bon moment et je n'ai pas été déçue par les paysages de la route vers Oualidia et Safi. La route longe la côte et on surplombe la mer du haut des falaises. C'est magnifique. A Oualidia, la lagune permet de se baigner en toute sécurité car la mer déferle sur la plage en rouleaux et n'invite pas vraiment à une tranquille baignade !
Je prends malgré tout mon courage à deux mains et je me baigne jusqu'aux chevilles : l'Atlantique attendra !

Safi, la ville des potiers  (mais pas de Nono à l'horizon !)
La ville est mignonne, la médina charmante et peu touristique. Nous ne sommes pas encore en haute saison et nous sommes plutôt tranquille. La ville est construite sur une petite colline où plein de fours de potiers sont accrochés. C'est très sympa.
Nous y trouvons même un restaurant "Chez Gégène" qui sert du vin ! Grande folie !
Par contre, notre hôtel donne sur le "Château de la mer", que nous ne pourrons malheureusement pas visiter car fermé pour cause de travaux, et surtout squatté. On aperçoit régulièrement des hommes regarder à droite, regarder à gauche et hop! passer sous les grillages, surement pour regarder la mer!!La ligne de chemin de fer passe sous notre fenêtre et les trains de marchandises sont très matinaux ! Cela nous laisse une impression de ville un peu désœuvrée, peut-être due à l'activité portuaire et industrielle proche...

Essaouira : un air malouin 

On passe deux nuits dans cette belle médina, classée UNESCO. Ca me rappelle pas mal de souvenirs de ma 1ère venue en 2006 ! Bien sur les remparts sont toujours là, mais pas de séance photos sur les canons car ils sont en rénovation. Cette ancienne cité portugaise, autrefois nommée Mogador, fut développée par un sultan qui demanda à un architecte d'en concevoir les plans. Il s'agit de Cornut, ancien disciple de Vauban, d'où le sentiment de déjà vu sur avec les remparts de Saint Malo !

Aujourd’hui, l'absence de véhicule apporte un calme rare dans la médina. Nous avons pris beaucoup de plaisir à flaner, à découvrir le port, la Squala. Pour autant, il est parfois difficile de se sentir au Maroc, tellement la ville attire de touristes, avec son lot de magasins de souvenirs, de vendeurs multilingues etc !

Au retour , nous avons pris la route de l’arrière-pays pour admirer les champs d’arganiers, arbres typiques du Maroc.
Le retour à Casa a été l’occasion de mettre en place une savante stratégie mathématique. En effet, comme à Tunis, les habitudes veulent qu’on loue une voiture avec le réservoir vide et qu’on la rende dans le même état. Il a donc fallu calculer la consommation moyenne sur autoroute puis ajuster au mieux le plein et ne pas la rendre "trop pleine". Nous avons refait un dernier plein (le 3ème de la journée) pour effectuer les derniers kilomètres dans Casablanca pour un montant de 5 dh (environ 45 centimes d’euros !). Cela a fait sourire le pompiste !

Les Pétillon dans le Haut Atlas

14:07:00

Déambulations fessis

Voici la petite tribu arrivée à Fez, où je les rejoins pour flâner une après-midi dans la médina et s'acclimater à l'ambiance du pays.
Tout le monde est en pleine forme et je les accompagne dans les ruelles agitées et bruyantes de la vieille médina de Fez. Je commence à bien la connaitre mais je la trouve toujours aussi agréable et belle.

Ensuite, tout le monde prend ses marques à Driba, où ils seront logés pour quelques nuits. C'est aussi l'occasion pour moi de les faire participer à mes cours. Azenor et Elouan, assisteront à un cours d'alpha, puis ce sera le tour de Youna-Dilys, et même d'Erell avec mon groupe des Moyens. Mes femmes de l'Alpha sont  totalement conquises par les enfants qui se prêtent au jeu des photos, tandis qu'Erell a l'occasion de discuter avec mes jeunes étudiants. C'est l'occasion pour eux d'une séance de communication orale avec une "native speaker" et cela donne un bel échange sur leur pays, leur société, leurs traditions et les nôtres.

A l'assaut du Haut -Atlas

Le weekend de Pâques me permet d'avoir quelques jours supplémentaires de repos et nous partons en convoi (et oui, 2 voitures pour nous 7) vers Midelt et les montagnes de l'Atlas.
Je laisse le clavier à Erell pour raconter ses souvenirs....

Chère Anne,
Tu nous demandes quels petits bouts du Maroc rapporter dans tes valises pour nous… rien ne vaudra les souvenirs de ce merveilleux voyage…
« Tu te souviens… ? » c’est un joli refrain que chantent souvent les enfants au retour des vacances.
« Tu te souviens des dromadaires ? »
« Tu te souviens des tentes berbères ? »
« Et la fois où le monsieur nous a expliqué pourquoi il ne fallait pas manger du couscous le soir ? »
« Et lorsque Katelyn a cru voir des singes dans la forêt ? »
« Et les oranges, si douces, si douces… »
Mais s’il est une expérience plus vive encore, c’est bien cette fameuse randonnée dans le Haut Atlas. Souviens-toi…
De Meknès, nous sommes partis et avons roulé une bonne partie de la journée vers le sud. Presque en bout de piste, nous sommes arrivés chez Chérif, dans le minuscule village de Tatiouine.
Chérif, notre guide, nous a présenté sa famille, nous avons partagé le thé à la menthe.
Pas besoin de beaucoup de temps pour que les enfants se fassent de bons copains ! Un ballon et un pseudo toboggan géant font l’unisson !
Le lendemain matin, les mules sont chargées –incroyable tout ce qu’elles portent !
Et nous partons sur les chemins. Vers où ? On ne sait pas très bien, quelque part dans la montagne… On se laisse porter par le mouvement et c’est très agréable !
C’est beau, c’est grand… mais Dieu que ça monte ! Dur, dur ! Nous n’avons jamais autant apprécié une barre de céréales que celle que Chérif nous a donnée au milieu de la montagne !

Objectif : pique-niquer au sommet dans la neige. Et nous ne sommes pas peu fiers d’avoir été jusqu’au bout !
L’après-midi nous réserve quelques surprises : batailles de boules de neige –dingue ! quand on pense qu’il faut aller au Maroc pour avoir de la neige ! – et un air de paléontologues amateurs à la recherche de fossiles. Tout en haut de la montagne, les roches portent les souvenirs d’un passé maritime : des coquillages partout !

Lorsqu’il est question de trouver un coin pour se reposer, nous sommes tous d’accord ! Chérif nous dira que nous avons parcouru plus de 30 kilomètres, sur 2000 mètres de dénivelés… Si c’est une habitude pour lui, c’est plutôt pas mal pour nous ! Heureusement d’ailleurs que les mules ont porté les enfants de temps en temps tout au long du trajet…

Le lendemain, direction le Cirque de Jaffar. Les paysages changent, quelques reliquats de cèdres décharnés surplombent la vallée aride et rocailleuse. Nous rêvons de croiser un vieux lion de l’Atlas égaré…
Nous traversons un campement berbère, papotons avec la jeune Malika et sa maman. Chérif connaît bien ses voisins nomades, prend de leurs nouvelles, et leur apporte aujourd’hui les photos des enfants prises quelques temps plus tôt.
Puis le passage des gorges : formidables, gigantesques… La nature est une force, on la sent ici dans sa toute puissance… Nous nous attardons à la recherche d’oiseaux mythiques, nous admirons les fleurs naissantes. Les trésors du désert étirent délicatement leurs couleurs en ce début de printemps.
Un fils de Chérif le seconde pour conduire les mules. L’une de ses belles filles est chargée de la cuisine. Ils ont pris ce matin un raccourci pour monter le campement du midi, et surtout préparer un délicieux tajine. C’est après avoir suivi les traces de dromadaires et observé le troupeau que nous les rejoignons. La petite Malek, petite fille malicieuse de Chérif, attend aussi les enfants. Des retrouvailles autour d’un bon repas, la vie est douce !
L’après-midi, nous empruntons des pistes de 4x4 et nous nous arrêterons de nouveau sur un campement berbère : cuisine au feu de bois, magique…
Le lendemain, nous rentrons tranquillement. Nous suivons une majorité de pentes douces… ou rocailleuses, entre les coccinelles et le romarin. Nous apercevons Tatiouine de loin. Le village, doré au soleil est bien paisible et nous est très accueillant après cette belle randonnée. Nous mesurons pleinement la chance que nous avons d’avoir partagé quelques jours en la compagnie de Chérif et sa famille.



Alors, s’il est quelque chose qui nous fait rêver, c’est bien de repartir vivre une telle aventure !

Erell

Ksar Aït Ben Haddou

13:16:00
Dur, dur de quitter M'Hamid et son désert tant cet endroit est magique mais pas le temps de s’éterniser, la route du retour nous attend. 

Décor de cinéma grandeur nature
Direction Aït Ben Haddou situé à 30 km au nord de Ouarzazate. Nous y arrivons de nuit mais nous prenons le temps, le lendemain matin de visiter le vieux ksar magnifique, classé au patrimoine mondial de l’Unesco et qui a servi de décors pour de nombreux films (Lawrence d’Arabie, Astérix mission Cléopâtre, Gladiator…). Heureusement, que nous sommes arrivés tôt, car le village est rapidement pris d’assaut par les touristes ! Des cars de coréens en vue : fuyons !

De retour en voiture, nous suivons la petite route de Télouet, direction Marrakech. Le trajet est long, le bitume aléatoire mais les paysages toujours aussi incroyables au travers des montagnes du Haut Atlas parsemées de petits villages berbères.


Le retour à Marrakech puis Casa risque d'être violent. 

Le désert de Erg Chigaga

13:10:00

Thés et nuits étoilées 

Arrivés au lieu de campement, nous grimpons rapidement sur les dunes pour assister au coucher de soleil, pendant que les chameliers montent les tentes et préparent le repas. La vue est magnifique. Nous en prenons plein les yeux. Après avoir mangé un bon tajine, bu plusieurs thés, nous ne nous lassons pas d’admirer les étoiles et la lune, rarement vue aussi brillante.
Il est déjà l’heure d’aller se coucher, dans notre tente, sous de bonnes couvertures bien chaudes car les nuits sont encore fraîches.

Le lendemain matin, le pain chaud est déjà prêt à notre réveil. Les tentes sont ensuite démontées et nous repartons pour une nouvelle marche. Un par un, nous montons sur l’un des dromadaires. Le confort dessus est tout relatif mais il fallait le faire ! 

A la recherche des dromadaires !

La pause du midi est l’occasion de déguster une salade et une omelette berbère préparée in situ par Aissa. Mais surprise à la fin du repas, les dromadaires ont disparu ! Les chameliers partent à leur recherche et finissent par les retrouver au bivouac du matin (à deux heures de là !). A leur retour, nous partons pour le prochain lieu de campement. Les dromadaires étaient bien fatigués ! 
Dès l’arrivée, les garçons sont de corvée de bois, pendant que les filles admirent la vue du haut de la dune. Le soir, nous assistons à la préparation du pain de sable, directement cuit dans le sable chaud. Un vrai délice ! A déguster sans modération avec un bon tajine de mouton ! 


La veillée est l’occasion de discuter avec les chameliers et de les écouter chanter quelques chants traditionnels berbères..
Nous nous levons tôt pour assister au lever du soleil avant de déguster les beignets préparés par un des chameliers ! Nos papilles sont comblées. Mais, c’est déjà l’heure du retour vers la palmeraie et l’auberge où nous attend une bonne douche chaude, ce qui n’est pas du luxe après deux jours dans le désert !

Ouarzazate et la vallée du Draa

12:23:00
Lundi matin, direction le loueur de voiture pour récupérer notre magnifique Citroën C-Elysée, flambant neuve (bonne idée puisque nous partons sur les petites routes du désert !). Après un bon petit-déj, nous prenons la route du  col de Tichi n’ Tichka qui mène à Ouarzazate. 

La plus belle route du Maroc....enfin quand les routes sont finies !

Les paysages de montagne sont magnifiques ! Mais dur dur de s’arrêter pour prendre des photos sans être alpagués par des vendeurs de « minéraux », si on peut  encore appeler ça comme ça, les couleurs paraissent plus que douteuses ! Leur présence est un peu oppressante et nous sommes obligés de partir rapidement.



Voir Ouarzazate et mourir... (de faim)

Dans l’après-midi, nous arrivons sur Ouarzazate, où nous partons découvrir la Kasbah (ancienne résidence du Pacha) et le ksar (ancienne ville). Nous profitons du soleil du soir qui nous chauffe encore et donne de belles couleurs aux murs du ksar.
Le soir, nous allons manger dans un petit restaurant sur la place principale où le patron débordé par le nombre de clients (seulement nous 8 !) et la variété de nos commandes, a mis plus d’une heure et demie pour tous nous servir ! N’ayant pas tous les ingrédients, il envoyait ses deux filles les chercher au compte-goutte ! J'ai cru mourir de faim en attendant mon assiette : presque 1H30 !


Mardi, lever matinal pour partir sur la route de la vallée du Draa, qui mène au désert. Les paysages changent, les palmeraies apparaissent. Après un arrêt express pour acheter le chèche indispensable, nous arrivons à 14h30 à l’auberge Tigida où nous attendent les chameliers pour deux jours en bivouac sauvage dans le désert. Juste le temps d’avaler un thé, de charger les trois dromadaires et nous sommes partis pour deux heures de marche. 


Arrivés au lieu de campement, nous grimpons rapidement sur les dunes pour assister au coucher de soleil, pendant que les chameliers montent les tentes et préparent le repas. La vue est magnifique. Nous en prenons plein les yeux. Après avoir mangé un bon tajine, bu plusieurs thés, nous ne nous lassons pas d’admirer les étoiles et la lune que nous n’avions jamais vue aussi brillante. Il est déjà l’heure d’aller se coucher, dans notre tente, sous de bonnes couvertures bien chaudes car les nuits sont encore fraîches.

La fine équipe 
PS : Merci à Solène pour l'emprunt littéraire. Les Royalties seront reversés en cacahuètes meknessis !

Back to MRK... 10 ans après

21:24:00
Impossible de revenir à Marrakech sans repenser à mon voyage il y a 10 ans avec Hélène, Karine et Nath ! Et bien sûr, je "pense bien à ceux qui bossent "!

Tout me rappelle quelque chose et tout me semble différent. 

Je me dis qu'au bout de 10 ans, ma mémoire me joue des tours. Je trouve la place Jemma el-Fnaa petite, la ville en bel état et la médina propre. Je me rends vite compte que la COP 22 a sûrement quelque chose à y voir. En effet, certains quartiers ont été totalement réhabilités, des poubelles installées partout : la ville brille comme un sou neuf, et ça fait plaisir à voir.
Je m'attendais aussi à être assez sollicitée par les vendeurs de souk, mais pas vraiment. Finalement, ce qui me fait le plus drôle c'est de voir autant de touristes, d'entendre parler toutes les langues et de voir des Européennes en mini-short ! Je suis bien loin de Meknès !!! 
J'y passe 2 jours en solo en attendant d'être rejointe par Héloïse & Grégoire et leurs loustics (volontaires DCC à Rabat) et Yann & Solène et ses cousins Constance et Cédric.

Plein les pupilles et les papilles

Je me prépare mon petit itinéraire de visites et je prends le temps de me perdre dans les souks de la médina. J'esquive comme je peux les marocains essayant de flairer le touriste à guider et surtout à perdre dans la médina !Un peu de shopping pour un Noël décalé à la fin du mois et quelques verres de thés en terrasse ! Kolchi labess !



Le dimanche, la petite troupe est au complet. On continue de se perdre dans les ruelles, on se pose sur une super terrasse au soleil couchant. Un tajine au-dessus de Jemma el-Fna pour finir la journée ! La vie est dure !

Demain, départ pour la vallée du Draa et le Sud !

Bling-bling et embruns

18:50:00

La mosquée Hassan II

Avec Yann & Solène, maintenant que nous sommes les fiers détenteurs de notre carte de séjour, nous programmons de visiter la Mosquée Hassan II à Casablanca. 
Pourquoi attendre la carte de séjour ? Parce que notre statut de résident nous donne droit au mi-tarif à l'entrée, ce qui n'est pas négligeable puisque les touristes doivent, eux, débourser 120 Dh ! (les musées nationaux coûtent en général 10 Dh) et que c'est la seule mosquée marocaine ouverte aux non-musulmans !
En effet, pendant le protectorat, le français Lyautey a instauré l'interdiction d'entrer dans les mosquées aux non-musulmans afin de préserver leur culte, face à la forte présence française et dans un contexte de forte tension sociale. Cette mesure est ainsi aujourd'hui toujours en vigueur.

Bref, cette mosquée ne fait pas partie de celles qui ont le plus de charme, c'est surtout un bijou de technologie et d'artisanat marocain. La visite est guidée et on sent bien le discours officiel : le guide n'oublie pas de citer Bouygues (pour la construction) et les 6000 gentils artisans "bénévoles". C'est plus flou au sujet de l’impôt obligatoire qui fut demandé au peuple marocain, toutes couches sociales confondues.


Mais bon, le résultat est là : une mosquée construite sur l'eau, une partie du plancher (chauffé) est vitré, avec un toit ouvrant, un hammam-spa au sous-sol, tout cela avec du marbre d'Agadir, du verre de Murano et du cèdre d'Azrou.
A l'extérieur, au sommet du minaret le plus haut du monde (210m), un rayon laser pointe vers La Mecque. Elle peut accueillir jusqu'à 25000 fidèles à l'intérieur, plus 80000 dans les cours ! Je vous laisse imaginer l'ambiance lors des soirées de Ramadan ....

Forcément, on en a plein les yeux ! 

El Jadida : la cité portugaise

Changement d'ambiance le lendemain : remparts portugais classés UNESCO et brises marines au menu !

La médina de cette ville change des médinas arabes habituelles car celle-ci porte encore l'empreinte de la présence portugaise pendant plus de 2 siècles. De plus, contrairement à la plupart des villes marocaines, elle n'abrite pas de mellah (quartier juif) : ceux-ci se mêlaient à la population et s'y installaient normalement. 

Le Centre Saint Antoine à Bab Boudir

18:45:00

Debout les zouzous !

Réveil matinal pour les bénévoles du Centre car nous avons rendez-vous à 6H30 à Bab El Mansour. Malgré des petits yeux et le froid, tout le monde est là pour le départ du bus.
Nous faisons 3hr de route vers Taza, où un petit déjeuner copieux nous attend, indispensable pour affronter l'après-midi qui va suivre !

Luges et batailles de boules de neige 

Ensuite, le car amorce une route en lacets, à travers une forêt de sapins, afin de grimper vers le village de Bab Boudir. Abandonnés une partie de l'année, les petits chalets du village semblent endormis. Quelques familles marocaines sont là pour la journée et s'amusent sur la neige. 
Ils n'en faut pas plus pour certains bénévoles pour vite se retrouver à faire de la luge improvisé sur des sacs plastiques !

 De Bab Boudir, nous avons une superbe vue sur le Djebel Tazzeka, dont le sommet est encore enneigé.

Escapade à Sefrou

17:16:00
Le soleil est annoncé pour ce weekend alors c'est l'occasion de sortir un peu de Meknès et de découvrir une ville hors circuit habituel : ce sera Sefrou.

C'est une petite ville à 1h au sud de Fès, assez tranquille, qui abritait la plus grande communauté juive. On y retrouve un mellah (quartier juif) et il y eu jusqu'à 7 synagogues dans la cité, d'où son surnom de "Petite Jérusalem".Aujourd'hui, il y reste une ancienne école juive. La médina est traversée par un oued et totalement piétonne, sans touriste ! 
La région est aussi agricole et la spécialité est les cerises. Il y a même une élection de "Miss Cerise" en juin ! ça ne s'invente pas....

A l'extérieur de la ville, une petite balade nous mène jusqu'aux cascades de Oued Aggaï. On peut même se balader sur les hauteurs de Al-Qala, le village fortifié qui les surplombe. De là-haut, une belle surprise m'attend : on voit les cimes enneigées de Djebel Tazzeka. 

Le lendemain, avant de rentrer à Meknès, je fais étape à Fès. J'ai déjà passé deux après-midi dans cette ville mais j'aime toujours autant m'y promener et m'y perdre à chaque fois !

Cette fois, je découvre un quartier de la médina où se trouve un souk alimentaire. Et plus bas, le quartier Chouara des tanneurs. A l'odeur, impossible de les manquer ! L'un des hommes accepte de nous laisser entrer dans l'enceinte des cuves. Alors que les touristes observent généralement la scène des terrasses des boutiques,un brin de menthe sous les narines, nous nous retrouvons juste à côté, presque le nez dedans, et ce n'est pas juste une image !
Nous pouvons voir des travailleurs se plier en deux pour tremper les peaux dans des cuves successives (ammoniac, fientes de pigeons, chaux ) avant de les étaler sur les toit-terrasses voisins.
Malgré l'odeur dérangeante, le spectacle a quelque chose d’envoûtant. La beauté de cette palette de couleurs est splendide : jaune safran , bleu indigo, vert amande, rouge coquelicot, marron du bois de cèdre...
Ces tanneries fonctionnent comme des coopératives, et ce métier éreintant, dans une atmosphère nauséabonde, est souvent transmis de père en fils.

Petit jeu à 1 dirham : 
Kezako ???

Un Noël à Midelt

20:22:00
Voici déjà un moment que j'aurai dû écrire ce post, mais je ne savais pas comment raconter ce Noël, tellement hors du commun que j'ai vécu cette année.
Depuis quelques semaines déjà, Frère Stéphane m'avait proposé de l'accompagner chez les Soeurs de Midelt lors de son prochain voyage. Elles gèrent un jardin d'enfants dans les montagnes de l'Atlas, dans le village de Tatiouine.

Comment lui dire non lorsque ce prochain voyage sera celui de Noël ? En effet, Stéphane y est attendu pour célébrer la messe de Noel, avec les moines de Notre-Dame de l'Atlas.


Nous voilà partis tous les deux direction Midelt. 
Rien que la route fut déjà très belle : nous traversons le Moyen Atlas, les forêts de cèdres de Azrou, les plaines enneigées de Djebel Hebri (et sa fumeuse fameuse station de ski...), nous redescendons dans le plateau de l'Arid et enfin, après le col du Zad (2200m), nous nous retrouvons face aux murs rocheux du Haut Atlas !

A Midelt, nous sommes attendus par les moines de Notre-Dame de l'Atlas pour déjeuner. C'est là-bas que nous logeons. 
Difficile de vous parler de ce monastère sans évoquer son histoire, marquée par les événements dramatiques du Monastère de Tibhirine (Algérie), récemment racontée dans le film "Des Hommes et des Dieux".
En effet, après le massacre des sept moines, la communauté se réfugia au Maroc et décida de s'installer à Midelt. Frère Jean-Pierre, un des deux survivants de l'enlèvement y vit toujours et était présent avec nous, entourés de 5 autres moines trappistes. 
Pendant le trajet, Stéphane me parle beaucoup de Christian de Chergé, de Jean-Pierre, de son parcours, de la vie du monastère....Tout cela me parait si incroyable. 
Ma présence, là-bas, avec eux, me semble vraiment improbable et pourtant tellement naturelle. Ils m’accueillent, me font partager leur table, je participe aux temps de prières, comme n'importe quel frère, moi qui suis pourtant laïque et qui plus est une femme !
Stéphane m'avait briefé sur quelques rituels, dont le repas en silence, accompagné d'une lecture. Une petite prière et un conciliabule plus tard, Jean-Pierre et Jose Luis prennent pourtant la décision de rompre cette règle et de profiter de notre présence pour échanger ! Je discute ainsi avec mes voisins de table : Nuno, un jeune moine portugais, Anthony, un gallois récemment arrivé au monastère et Antoine le chantre de la communauté. 
Malgré leur vie monastique, assez solitaire et silencieuse, je ressens pourtant beaucoup d'hospitalité et de partage. Antoine profite de la fin du repas pour déboucher une bouteille de jus de pommes, made in Midelt ! Un délice !
Le soir de Noël, nous sommes rejoints par les Sœurs et par une famille française de Casa de passage. La messe est célébrée à minuit. C'est un moment très beau, simple et très chargé en émotions. Pas facile de transmettre ça par clavier interposé !


Après mon retour, j'ai regardé le film " Des hommes et des Dieux" et il relate plutôt fidèlement le mode de vie de ces moines trappistes. Très simple et humble mais avec beaucoup d'humanité et d'hospitalité. 
Aujourd'hui, il me parait encore incroyable de penser que j'étais au milieu de ces hommes, ayant fait un choix de vie si loin de la nôtre, d'avoir partager un petit bout de leur quotidien. Et d'y avoir célébrer Noël !
Certes la pelouse est un peu défraîchie mais y-a-t-il un stade avec une plus vue quelque part ?
Le Haut Atlas vu de la terrasse de la petite chambre où je loge dans le monastère.

Du sable dans les chaussettes - Merzouga

16:16:00
22h45 : Départ du bus de nuit vers Er-Rachidia, de l'autre côté de l'Atlas. Au milieu de la nuit, le bus passe plusieurs cols et j'aperçois la neige dans la région d'Ifrane. Ça semble improbable, mais ce sont bien des flocons que je vois s'écraser sur les vitres !

8 h de bus plus tard

Au petit matin, tout le monde débarque à Er- Rachidia. Cette ville est une capitale de région mais présente peu d'intéret. On y croise beaucoup de militaires car elle est une ancienne garnison militaire française et a gardé son rôle de surveillance de la frontière algérienne.

Un petit tour au souk et une clef de voiture dans les mains et hop ! direction la vallée du Ziz, qui serpente le long de la palmeraie jusqu'à Rissani. J'avoue que j'ai bien savouré mes premiers kilomètres au volant sur ces terres marocaines.


Quelques motifs géométriques viennent
rompre l'austérité des remparts des ksour
Première étape à la source bleue de Meski, au cœur de la palmeraie.  En vrai, dans les bassins, l'eau y est plus verte que bleue mais par contre elle est particulièrement limpide à la source. Tout un petit monde travaille : on aperçoit des hommes dans les vergers, à l'entretien des canaux d'irrigation qui arrosent la palmeraie ou bien des femmes y battent le linge ! Et comme ce sont les vacances scolaires, des petites troupes d'enfants jouent par-ci par-là.  

Une des plus riches palmeraies du Maroc

On aperçoit les premiers ksours, sorte de villages fortifiés de quelques dizaines de maisons, encerclées de murs de terre (le pisé). Aujourd'hui, la plupart sont à l'abandon, victime de l'exode rurale et de l'attrait du confort des maisons neuves.
De là-haut, on domine la palmeraie, la vallée et on aperçoit les montagnes de l'Atlas au loin.
La palmeraie se prolonge sur plusieurs dizaines de kilomètres vers Merzouga, village aux routes ensablées et point de départ des méharées dans l'erg Chebbi

Premiers grains de sable marocains

C'est le massif de dunes le plus important du Maroc puisqu'il s'étend sur une trentaine de kilomètres et les dunes les plus hautes atteignent 170m. Sa couleur est généralement rouge-ocre mais l'intensité des couleurs changent avec le soleil ! Trop beau ! 
Deux petites heures de marche à dos de chameau à partir du village et voilà le campement. Juste à temps pour grimper sur une dune et savourer le coucher de soleil ! Impossible de ne pas remettre ça au lever du jour. 
Coucher et lever de soleil sur l'erg Chebbi.


Kasbah au coeur des gorges

De retour au village, il faut déjà reprendre la route direction Tineghir et les Gorges de Todgha. La route y serpente le long de l'oued, encadrée par les falaises à-pic de 300m de hauteur. Cette faille est impressionnante et les couleurs rouge-ocre magnifiques, surtout au lever du soleil. 


A la sortie des gorges, petit stop au village de Tamttatouchte (essayez de prononcer le mot à voix haute, c'est plus drôle!!). Les maisons de terre rouge tranchent avec le décor rocailleux de la montagne. Et surtout Brahim y sert un thé parfumé aux plantes de montagnes terriblement bon !

Quelques heures à Rabat et Casa

16:04:00
Le 18 novembre est un jour férié au Maroc puisque le pays fête son indépendance. 
Je m'organise pour récupérer mes heures de cours du samedi et me voilà dans le train pour Rabat, où je dois retrouver plusieurs autres volontaires du Maroc.
Le débarquement à Rabat est quasi un choc : je me retrouve dans une ville moderne aux airs occidentaux avec ses magasins de marque internationale, ses grands boulevards et ses beaux bâtiments modernes ! Çà me change vraiment de Meknès ! 

Nous prenons ensuite le train pour Casablanca, où Solène et Yann habitent et m'hébergent pour le weekend. Nous faisons un tour à pied dans les quartiers de Habbous, qui regorgent de librairies et d'artisans et de souks de tapis. Ce quartier fut construit dans les années 1930, pour accueillir les populations défavorisées. Cela donne un mélange étonnant d'architecture arabe traditionnelle et d'habitations privées, autour d'une place ombragée et d'une mosquée.

On fait aussi escale à la fameuse pâtisserie Bennis, pour acheter quelques cornes de gazelle et beignets pour notre goûter, que nous prenons sur la plage d'Anfa, un quartier chic de Casa.
Pour l'anecdote, c'est dans ce quartier, à l'hôtel d'Anfa, aujourd'hui démoli, que se déroula, en janvier 1943, l'entrevue historique entre Roosevelt et Churchill. Ils y décidèrent de la date du débarquement des alliés en Normandie. Informés par l’événement, les Allemands se laissèrent abuser par la traduction littérale de Casablanca et pensèrent que la rencontre allait se passer à la Maison-Blanche de Washington !

Le lendemain, RDV à la gare avec Marina ! Trop cool de se revoir et encore plus ici !

Nous passons l'après-midi dans la médina de Rabat, dans les ruelles de la Kasbah des Oudaïa. Cette citadelle était le siège des pirates au 17ème siècle. Aujourd'hui, les rues chaulées et les portes encadrées de bleu apportent de la fraîcheur et une certaine douceur de vivre à ce quartier, loin de l'animation de la ville. 
Marina et moi nous installons au Café Maure, surplombant l'océan, face aux remparts de Salé.

Balade dans le Zerhoun

15:00:00
Maryvonnick, Samia et moi profitons d'un beau dimanche pour sortir de Meknes et nous rendre un peu plus loin que Moulay Idriss, dans la campagne meknessi, pour nous balader dans le petit massif du Zerhoun. Ses collines bordent le sud du Rif et, de là-haut, on peut apercevoir Fès.
En contre-bas, la campagne est couverte de forêts de chênes verts, et sert de pâtures aux moutons. Un peu plus haut, le sol devient rocheux. L'érosion y a sculpté des gorges, des pitons et de drôles de pierre qui ressemblent drôlement à des dolmens !
Le Zarhoun est, pour les Marocains, une montagne sainte, terre de nombreux hommes pieux, source de contes et de légendes. 
Ses eaux arrosaient Volubilis à l'époque romaine et alimentent aujourd'hui les champs d'oliviers, de figuiers et de céréales.
 Nous reprenons la voiture en fin d'après-midi, à la belle heure : la muezzin appelle à la prière, le soleil tombe et le ciel nous offre une belle palette de couleurs.

Escapade à Ifrane & Azrou

11:26:00

Avec Hamdi, mon voisin, nous empruntons la voiture familiale et direction Ifrane et Azrou pour la journée. Le calendrier indique le 31 octobre mais le thermomètre annonce 29° ! Pourtant les couleurs de l'automne sont là. La journée s'annonce magnifique !
Ifrane est à 1 h de route de Meknes et pourtant on s'y sent bien loin, tant le contraste est saisissant. La ville est en altitude et ressemble à une station alpine : toits rouges pentus, pelouses soignées, forêts de sapins et de cèdres et même une station de ski ! Le Roi et sa famille y viennent tous les ans pour skier sur leur domaine. Ainsi, même la population ne paraît pas "locale " : jeunesse élégante et "occidentalisée", parlant français entre elle, roulant dans de belles voitures et fréquentant l'université privée et très réputée el-Akhawayn ! Je suis bien loin de ma Rue Driba !

Nous montons jusque Mischiliffen, la station de ski puis redescendons vers Azrou par la forêt de cèdres. Et là ! surprise sur la route : nous sommes encerclés par des singes magots, des petits macaques !  Je m'attendais à tout sauf à ça ! Certains sont très craintifs et fuient en nous voyant, pendant que d'autres semblent plus habiter à l'Homme et attendent avec impatience les cacahuètes, proposées par un vendeur ambulant. 

Difficile de ne pas se prêter au jeu : les petits sont trop mignons !

Dimanche à Moulay Idriss

10:52:00
Avec Samia, nous prenons un grand taxi pour nous rendre à Moulay Idriss, une petite ville à 1/2 h de Meknès. 
C'est un haut lieu de pèlerinage car la ville abrite le mausolée d'Idriss, père de la dynastie des Idrissides. Elle fait donc partie des villes saintes du Maroc. Malheureusement, son accès, interdit aux non-musulmans, est barré par une poutre en bois. Cela ne nous a pas empêché de profiter de la tranquillité de la ville, d'y siroter un petit thé à la menthe avant de gravir ses ruelles blanchies à la chaux pour y découvrir un beau panorama sur la ville.

Malgré la proximité de Volubilis et de Fès, très touristiques, Moulay Idriss semble figée dans le temps et on y rencontre peu d'occidentaux. Des femmes proposent des tatouages au Henné, des hommes préparent les moulins à huile pour la récolte des olives, les enfants jouent dans les rues et nous guident jusqu'au panorama, les vieux s'attardent au café...
Tout comme nous....


Dimanche matin dans la brume

14:24:00

Réveil tôt ce dimanche matin pour rejoindre Khadija et Naima à Herije es-Souari, c'est-à-dire le quartier des anciens greniers du Sultan et du bassin de l'Agdal.
La ville est encore dans la brume, tout est calme. Imane a aussi eu le courage de venir de rejoindre sur les bords du bassin. Walla !
Ce bassin de 4 ha était destiné à arroser les jardins des sultanes, à alimenter les bains du harem mais servait aussi de jardin d'agrément.


Ce lieu est le rendez-vous des familles, des sportifs et des marcheurs. Nous faisons plusieurs tours  de bassin puis nous visitons les anciens greniers. 
Ses immenses salles voûtées sont impressionnantes. Construites sous Moulay Ismail, elles devaient permettre de stocker récoltes et nourriture pour soutenir un siège ou une période de mauvaises récoltes. Le bâtiment pouvait accueillir aussi 12000 chevaux !

Cet ensemble était considéré par Moulay Ismail par l'une de ses plus belles réussites architecturales ! En tout cas, le lieu est très agréable. Se retrouver dans un si grand "petit coin " de verdure au coeur d'une médina, ce n'est pas commun. Je comprends mieux le surnom donné à Meknès, la "petite Versailles" !

Nous terminons notre matinée par un café-picnic sur les pelouses. Khadija a tout prévu : lait chaud, cornes de gazelle et biscuits au miel ! Un délice !


Hamza & Gene

22:02:00
Fin mars, Hamza s'envolait pour Montreal et, son dernier soir, dans l'atmosphère enfumée du JFK, on se faisait la promesse de se retrouver pour un thé dans la ville de ma prochaine mission.
Promesse tenue puisqu'il est arrivé au Maroc, avec Gene, pour 3 semaines de vacances avant de retourner à Tunis.
On se retrouve donc dans un café de la place El Hedim. Ça semble tellement improbable de les retrouver là ! Un peu émouvant, j'avoue ....
Et surtout, je découvre la place El Hedim by night ! J'avoue que, seule, je ne m'y étais pas encore aventurée. Il faut avouer que la vie nocturne tunisoise ne m'avait pas laissé de souvenirs délirants. Ici , belle surprise : la place grouille de monde, enfants & adultes. Stands de jus de canne à sucre, pêche à la ligne, concert de gnawa etc.... Ambiance familiale, peu de touristes. Comme ça fait du bien ! 

Je tiens aussi ma promesse puisque je prépare un thé maison, avec la menthe du jardin (et beaucoup de sucre!) , comme Naima m'a appris. 
Dégustation dans la cour de la maison.

Hamza et Gene font escale à Meknes pour 4 jours avant de (déjà) repartir vers le Sud et Essaouira. Nous profitons de mon weekend pour bouger un peu.
Tout d'abord, train pour Fès, dont nous attrapons in extremis le train retour : nous sautons du taxi en vol, traversons le parking et la gare comme des flèches, le chef de gare a les lèvres sur son sifflet quand nous passons les contrôles ! Ouf ! 
Le lendemain, nous partageons un grand taxi avec 2 australiennes et un allemand pour nous rendre à Volubilis. On en perd notre latin en essayant de communiquer. D'autant qu'une des australiennes parle le l'arabe syrien avec le taxiste ! 
Volubilis un site antique qui fut fondé par les Romains. Il reste essentiellement des ruines malgré quelques édifices reconstruits. Difficile d'imaginer que 10000 habitants y logeaient. On passe deux heures à sillonner les ruines. J'espère y retourner un jour car il reste plein de choses à y voir, et c'est à juste une petite heure de route de Meknes.


Avec Gene, nous partons aussi au hammam, proche de mon travail, dans la médina. Mon dernier hammam marocain remonte à dix ans, à Marrakech avec Karine, Hélène et Nath. Ca me fait drôle d'y repenser. 
Avec Gene, on se relaxe et on se fait la peau douce ! 
Et c'est déjà l'heure des "à bientôt" ! Un petit mot dans mon carnet de Tunis et hop ! dans le bus !

RDV pour un prochain thé à Tunis puis ... Montreal ? !

Escapade à Chefchaouen

16:50:00
Le samedi matin, je saute dans un nouveau bus de la CTM pour me rendre à Chefchaouen. 

"Regarde les cornes" en berbère

Mille ruelles courent dans la médina, nichée entre deux montagnes (les 2 "cornes"). Les couleurs bleu délavé donnent une ambiance particulière à la ville, chaque rue donne envie d'explorer la suivante. Je monte et descends les ruelles tout le weekend.

Le soir, il faut prendre un peu de hauteur pour avoir le meilleur point de vue de la ville. La mosquée des Espagnols, située sur la colline face à la médina offre un panorama magnifique, face au soleil.

Tout cela donne une sensation de tranquillité à la ville. Je profite de ce calme pour siroter un thé à l'ombre, sur une des terrasses surplombant la place El Uthman. Il fait chaud, j'entends des enfants dans la rue, les chats dorment. Soudain, des chants et des voix d'hommes attirent mon attention. Je me penche et aperçois une procession. Le vieil homme à côté de moi m'explique :
"Et oui, nous, même quand on est triste, on chante." J'aperçois alors le cercueil en bois, recouvert d'un tissu vert. La procession s'éloigne et entre dans la mosquée.
Le soir, je trouve un petit resto tranquille et m'offre une harira suivie d'une pastilla au poulet : un régal.

Vous comprendrez alors que le choix des photos à publier fut difficile.

 Hahhh ! Des touristes !

Contrairement à Meknès (et Tunis), je me retrouve ici entourée de touristes de toutes nationalités. J'ai l'impression d'être davantage accompagnée par des Coréens que par des Marocains. Arrivée là-bas, on me parle directement en espagnol ! Les échanges avec la péninsule ibérique ont laissé des traces.

La ville est assez touristique et surtout fréquentée par des backpackers, probablement attirés par l'agriculture locale :).

En effet, Chefchaouen (ou Chaouen pour les locaux) est située dans le Rif, la zone montagneuse nord, bordant la Méditerranée ("rif" signifie "rive" en arabe) et a gardé une réputation de population rebelle et insoumise. 
Lors des combats pour l'indépendance, les paysans ont d'ailleurs endossé le rôle de guérilleros. Pour les récompenser, le Roi Mohammed V leur accorda le "privilège de la culture du kif" tout en interdisant son négoce.
Résultat économique non négligeable : cette manne à la fois illégale et providentielle fait vivre tout le nord du pays. Le Maroc est aujourd'hui le 1er pays exportateur de cannabis. Malgré les pressions de l'Union Européenne. 
Toujours est-il que les habitants ont la réputation de nous proposer du kif, toute la journée, et à tous les coins de rue... Nada ! je ne dois pas avoir la tête à consommer !


Les habitants me laisseront plus une impression de ruralité au milieu de ces arrivages de touristes. En 
effet, la source arrose un lavoir toujours utilisé par les femmes. Sur le sentier de la Mosquée des espagnols, j'aperçois des femmes alimentant en bois le four à pain du village. J'aperçois aussi des peaux de moutons séchant sur les ardoises. 

Ces deux jours m'ont donné une jolie sensation et je rentre à Meknès la mémoire pleine de couleurs. La route jusque Fès puis Meknes me semble un peu longue mais ça en valait la peine.
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