Affichage des articles dont le libellé est Le Maroc. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Le Maroc. Afficher tous les articles

Zouina

20:24:00

Quelques belles images pour le 200ème post du blog !



Une balade dans Meknès

15:49:00

La ville de Meknès reste souvent à l'ombre de sa voisine, Fez, qui a bénéficié d'un développement touristique favorable. L'histoire dit que la ville fut longtemps boudée par Hassan II. En effet, lors d'une visite officielle, les habitants mirent un âne devant le roi, pendant le défilé ! Grave erreur ! Il ne revint plus à Meknès et freina le développement touristique de la cité.

Cette disgrâce est sûrement ce qui a permis à Meknès de conserver son charme et son authenticité. Pas de zone hôtelière et de bus à gogo ! Beaucoup moins de magasins à touristes, de sollicitations de part et d'autres. C'est très paisible.

A partir du Centre Saint Antoine, je décide de commencer l'exploration de la médina de Meknès. Les murailles sont très présentes et ne sont pas uniquement autour de la Médina, mais la séparent aussi en quartiers. Je crois qu'il y a plus de 40 km de remparts ! Elles ont été construites par le sultan Moulay Ismael, qui a voulu faire de la ville une puissante cité impériale.

J'y retrouve des ruelles étroites, enchevêtrées, des maisons hautes avec peu de fenêtres. La couleur jaune orangé est partout sur les murs. Et bien sûr, ça commence à sentir la paille, qui accueillera les moutons dans quelques jours pour la fête de l'Aïd.

On appelle aussi Meknès "la ville aux 100 minarets". De la terrasse du Centre Saint Antoine, il est toujours aussi magique d'entendre les appels à la prière se répondre et résonner dans la médina.

Malgré sa faible activité touristique, la ville organise des événements culturels, notamment le FICAM, Festival de Cinéma d'Animation. Cette année, la ville a ainsi accueilli le réalisateur Michel Ocelot (Kirikou) et  l'actrice Dominique Frot et quelques dizaines d'autres personnes de ce milieu.
Nous avons été convié à la projection du film "Ma vie de Courgette" et près de 80 élèves de tout âge sont venus.

De même, avec une partie de mes élèves du groupe de Moyen et quelques étudiants sub-sahariens, nous avons eu la chance de rencontrer Djilali Beskri, le réalisateur de "Contes d'Afrique". Ce moment d'échange était très riche, et il m'est difficile de dire qui de mes élèves ou du réalisateur était le plus impressionné. Cela restera un beau moment pour tous !

Ksar Aït Ben Haddou

13:16:00
Dur, dur de quitter M'Hamid et son désert tant cet endroit est magique mais pas le temps de s’éterniser, la route du retour nous attend. 

Décor de cinéma grandeur nature
Direction Aït Ben Haddou situé à 30 km au nord de Ouarzazate. Nous y arrivons de nuit mais nous prenons le temps, le lendemain matin de visiter le vieux ksar magnifique, classé au patrimoine mondial de l’Unesco et qui a servi de décors pour de nombreux films (Lawrence d’Arabie, Astérix mission Cléopâtre, Gladiator…). Heureusement, que nous sommes arrivés tôt, car le village est rapidement pris d’assaut par les touristes ! Des cars de coréens en vue : fuyons !

De retour en voiture, nous suivons la petite route de Télouet, direction Marrakech. Le trajet est long, le bitume aléatoire mais les paysages toujours aussi incroyables au travers des montagnes du Haut Atlas parsemées de petits villages berbères.


Le retour à Marrakech puis Casa risque d'être violent. 

Le désert de Erg Chigaga

13:10:00

Thés et nuits étoilées 

Arrivés au lieu de campement, nous grimpons rapidement sur les dunes pour assister au coucher de soleil, pendant que les chameliers montent les tentes et préparent le repas. La vue est magnifique. Nous en prenons plein les yeux. Après avoir mangé un bon tajine, bu plusieurs thés, nous ne nous lassons pas d’admirer les étoiles et la lune, rarement vue aussi brillante.
Il est déjà l’heure d’aller se coucher, dans notre tente, sous de bonnes couvertures bien chaudes car les nuits sont encore fraîches.

Le lendemain matin, le pain chaud est déjà prêt à notre réveil. Les tentes sont ensuite démontées et nous repartons pour une nouvelle marche. Un par un, nous montons sur l’un des dromadaires. Le confort dessus est tout relatif mais il fallait le faire ! 

A la recherche des dromadaires !

La pause du midi est l’occasion de déguster une salade et une omelette berbère préparée in situ par Aissa. Mais surprise à la fin du repas, les dromadaires ont disparu ! Les chameliers partent à leur recherche et finissent par les retrouver au bivouac du matin (à deux heures de là !). A leur retour, nous partons pour le prochain lieu de campement. Les dromadaires étaient bien fatigués ! 
Dès l’arrivée, les garçons sont de corvée de bois, pendant que les filles admirent la vue du haut de la dune. Le soir, nous assistons à la préparation du pain de sable, directement cuit dans le sable chaud. Un vrai délice ! A déguster sans modération avec un bon tajine de mouton ! 


La veillée est l’occasion de discuter avec les chameliers et de les écouter chanter quelques chants traditionnels berbères..
Nous nous levons tôt pour assister au lever du soleil avant de déguster les beignets préparés par un des chameliers ! Nos papilles sont comblées. Mais, c’est déjà l’heure du retour vers la palmeraie et l’auberge où nous attend une bonne douche chaude, ce qui n’est pas du luxe après deux jours dans le désert !

Ouarzazate et la vallée du Draa

12:23:00
Lundi matin, direction le loueur de voiture pour récupérer notre magnifique Citroën C-Elysée, flambant neuve (bonne idée puisque nous partons sur les petites routes du désert !). Après un bon petit-déj, nous prenons la route du  col de Tichi n’ Tichka qui mène à Ouarzazate. 

La plus belle route du Maroc....enfin quand les routes sont finies !

Les paysages de montagne sont magnifiques ! Mais dur dur de s’arrêter pour prendre des photos sans être alpagués par des vendeurs de « minéraux », si on peut  encore appeler ça comme ça, les couleurs paraissent plus que douteuses ! Leur présence est un peu oppressante et nous sommes obligés de partir rapidement.



Voir Ouarzazate et mourir... (de faim)

Dans l’après-midi, nous arrivons sur Ouarzazate, où nous partons découvrir la Kasbah (ancienne résidence du Pacha) et le ksar (ancienne ville). Nous profitons du soleil du soir qui nous chauffe encore et donne de belles couleurs aux murs du ksar.
Le soir, nous allons manger dans un petit restaurant sur la place principale où le patron débordé par le nombre de clients (seulement nous 8 !) et la variété de nos commandes, a mis plus d’une heure et demie pour tous nous servir ! N’ayant pas tous les ingrédients, il envoyait ses deux filles les chercher au compte-goutte ! J'ai cru mourir de faim en attendant mon assiette : presque 1H30 !


Mardi, lever matinal pour partir sur la route de la vallée du Draa, qui mène au désert. Les paysages changent, les palmeraies apparaissent. Après un arrêt express pour acheter le chèche indispensable, nous arrivons à 14h30 à l’auberge Tigida où nous attendent les chameliers pour deux jours en bivouac sauvage dans le désert. Juste le temps d’avaler un thé, de charger les trois dromadaires et nous sommes partis pour deux heures de marche. 


Arrivés au lieu de campement, nous grimpons rapidement sur les dunes pour assister au coucher de soleil, pendant que les chameliers montent les tentes et préparent le repas. La vue est magnifique. Nous en prenons plein les yeux. Après avoir mangé un bon tajine, bu plusieurs thés, nous ne nous lassons pas d’admirer les étoiles et la lune que nous n’avions jamais vue aussi brillante. Il est déjà l’heure d’aller se coucher, dans notre tente, sous de bonnes couvertures bien chaudes car les nuits sont encore fraîches.

La fine équipe 
PS : Merci à Solène pour l'emprunt littéraire. Les Royalties seront reversés en cacahuètes meknessis !

Back to MRK... 10 ans après

21:24:00
Impossible de revenir à Marrakech sans repenser à mon voyage il y a 10 ans avec Hélène, Karine et Nath ! Et bien sûr, je "pense bien à ceux qui bossent "!

Tout me rappelle quelque chose et tout me semble différent. 

Je me dis qu'au bout de 10 ans, ma mémoire me joue des tours. Je trouve la place Jemma el-Fnaa petite, la ville en bel état et la médina propre. Je me rends vite compte que la COP 22 a sûrement quelque chose à y voir. En effet, certains quartiers ont été totalement réhabilités, des poubelles installées partout : la ville brille comme un sou neuf, et ça fait plaisir à voir.
Je m'attendais aussi à être assez sollicitée par les vendeurs de souk, mais pas vraiment. Finalement, ce qui me fait le plus drôle c'est de voir autant de touristes, d'entendre parler toutes les langues et de voir des Européennes en mini-short ! Je suis bien loin de Meknès !!! 
J'y passe 2 jours en solo en attendant d'être rejointe par Héloïse & Grégoire et leurs loustics (volontaires DCC à Rabat) et Yann & Solène et ses cousins Constance et Cédric.

Plein les pupilles et les papilles

Je me prépare mon petit itinéraire de visites et je prends le temps de me perdre dans les souks de la médina. J'esquive comme je peux les marocains essayant de flairer le touriste à guider et surtout à perdre dans la médina !Un peu de shopping pour un Noël décalé à la fin du mois et quelques verres de thés en terrasse ! Kolchi labess !



Le dimanche, la petite troupe est au complet. On continue de se perdre dans les ruelles, on se pose sur une super terrasse au soleil couchant. Un tajine au-dessus de Jemma el-Fna pour finir la journée ! La vie est dure !

Demain, départ pour la vallée du Draa et le Sud !

Bling-bling et embruns

18:50:00

La mosquée Hassan II

Avec Yann & Solène, maintenant que nous sommes les fiers détenteurs de notre carte de séjour, nous programmons de visiter la Mosquée Hassan II à Casablanca. 
Pourquoi attendre la carte de séjour ? Parce que notre statut de résident nous donne droit au mi-tarif à l'entrée, ce qui n'est pas négligeable puisque les touristes doivent, eux, débourser 120 Dh ! (les musées nationaux coûtent en général 10 Dh) et que c'est la seule mosquée marocaine ouverte aux non-musulmans !
En effet, pendant le protectorat, le français Lyautey a instauré l'interdiction d'entrer dans les mosquées aux non-musulmans afin de préserver leur culte, face à la forte présence française et dans un contexte de forte tension sociale. Cette mesure est ainsi aujourd'hui toujours en vigueur.

Bref, cette mosquée ne fait pas partie de celles qui ont le plus de charme, c'est surtout un bijou de technologie et d'artisanat marocain. La visite est guidée et on sent bien le discours officiel : le guide n'oublie pas de citer Bouygues (pour la construction) et les 6000 gentils artisans "bénévoles". C'est plus flou au sujet de l’impôt obligatoire qui fut demandé au peuple marocain, toutes couches sociales confondues.


Mais bon, le résultat est là : une mosquée construite sur l'eau, une partie du plancher (chauffé) est vitré, avec un toit ouvrant, un hammam-spa au sous-sol, tout cela avec du marbre d'Agadir, du verre de Murano et du cèdre d'Azrou.
A l'extérieur, au sommet du minaret le plus haut du monde (210m), un rayon laser pointe vers La Mecque. Elle peut accueillir jusqu'à 25000 fidèles à l'intérieur, plus 80000 dans les cours ! Je vous laisse imaginer l'ambiance lors des soirées de Ramadan ....

Forcément, on en a plein les yeux ! 

El Jadida : la cité portugaise

Changement d'ambiance le lendemain : remparts portugais classés UNESCO et brises marines au menu !

La médina de cette ville change des médinas arabes habituelles car celle-ci porte encore l'empreinte de la présence portugaise pendant plus de 2 siècles. De plus, contrairement à la plupart des villes marocaines, elle n'abrite pas de mellah (quartier juif) : ceux-ci se mêlaient à la population et s'y installaient normalement. 

Le Centre Saint Antoine à Bab Boudir

18:45:00

Debout les zouzous !

Réveil matinal pour les bénévoles du Centre car nous avons rendez-vous à 6H30 à Bab El Mansour. Malgré des petits yeux et le froid, tout le monde est là pour le départ du bus.
Nous faisons 3hr de route vers Taza, où un petit déjeuner copieux nous attend, indispensable pour affronter l'après-midi qui va suivre !

Luges et batailles de boules de neige 

Ensuite, le car amorce une route en lacets, à travers une forêt de sapins, afin de grimper vers le village de Bab Boudir. Abandonnés une partie de l'année, les petits chalets du village semblent endormis. Quelques familles marocaines sont là pour la journée et s'amusent sur la neige. 
Ils n'en faut pas plus pour certains bénévoles pour vite se retrouver à faire de la luge improvisé sur des sacs plastiques !

 De Bab Boudir, nous avons une superbe vue sur le Djebel Tazzeka, dont le sommet est encore enneigé.

Un Noël à Midelt

20:22:00
Voici déjà un moment que j'aurai dû écrire ce post, mais je ne savais pas comment raconter ce Noël, tellement hors du commun que j'ai vécu cette année.
Depuis quelques semaines déjà, Frère Stéphane m'avait proposé de l'accompagner chez les Soeurs de Midelt lors de son prochain voyage. Elles gèrent un jardin d'enfants dans les montagnes de l'Atlas, dans le village de Tatiouine.

Comment lui dire non lorsque ce prochain voyage sera celui de Noël ? En effet, Stéphane y est attendu pour célébrer la messe de Noel, avec les moines de Notre-Dame de l'Atlas.


Nous voilà partis tous les deux direction Midelt. 
Rien que la route fut déjà très belle : nous traversons le Moyen Atlas, les forêts de cèdres de Azrou, les plaines enneigées de Djebel Hebri (et sa fumeuse fameuse station de ski...), nous redescendons dans le plateau de l'Arid et enfin, après le col du Zad (2200m), nous nous retrouvons face aux murs rocheux du Haut Atlas !

A Midelt, nous sommes attendus par les moines de Notre-Dame de l'Atlas pour déjeuner. C'est là-bas que nous logeons. 
Difficile de vous parler de ce monastère sans évoquer son histoire, marquée par les événements dramatiques du Monastère de Tibhirine (Algérie), récemment racontée dans le film "Des Hommes et des Dieux".
En effet, après le massacre des sept moines, la communauté se réfugia au Maroc et décida de s'installer à Midelt. Frère Jean-Pierre, un des deux survivants de l'enlèvement y vit toujours et était présent avec nous, entourés de 5 autres moines trappistes. 
Pendant le trajet, Stéphane me parle beaucoup de Christian de Chergé, de Jean-Pierre, de son parcours, de la vie du monastère....Tout cela me parait si incroyable. 
Ma présence, là-bas, avec eux, me semble vraiment improbable et pourtant tellement naturelle. Ils m’accueillent, me font partager leur table, je participe aux temps de prières, comme n'importe quel frère, moi qui suis pourtant laïque et qui plus est une femme !
Stéphane m'avait briefé sur quelques rituels, dont le repas en silence, accompagné d'une lecture. Une petite prière et un conciliabule plus tard, Jean-Pierre et Jose Luis prennent pourtant la décision de rompre cette règle et de profiter de notre présence pour échanger ! Je discute ainsi avec mes voisins de table : Nuno, un jeune moine portugais, Anthony, un gallois récemment arrivé au monastère et Antoine le chantre de la communauté. 
Malgré leur vie monastique, assez solitaire et silencieuse, je ressens pourtant beaucoup d'hospitalité et de partage. Antoine profite de la fin du repas pour déboucher une bouteille de jus de pommes, made in Midelt ! Un délice !
Le soir de Noël, nous sommes rejoints par les Sœurs et par une famille française de Casa de passage. La messe est célébrée à minuit. C'est un moment très beau, simple et très chargé en émotions. Pas facile de transmettre ça par clavier interposé !


Après mon retour, j'ai regardé le film " Des hommes et des Dieux" et il relate plutôt fidèlement le mode de vie de ces moines trappistes. Très simple et humble mais avec beaucoup d'humanité et d'hospitalité. 
Aujourd'hui, il me parait encore incroyable de penser que j'étais au milieu de ces hommes, ayant fait un choix de vie si loin de la nôtre, d'avoir partager un petit bout de leur quotidien. Et d'y avoir célébrer Noël !
Certes la pelouse est un peu défraîchie mais y-a-t-il un stade avec une plus vue quelque part ?
Le Haut Atlas vu de la terrasse de la petite chambre où je loge dans le monastère.

A la recherche des atrocités du Miloud à Meknès ....

19:33:00
Le weekend du 12 décembre, Solène et Yann me rejoignent à Meknès, car la ville est "the place to be" pour la fête du Miloud. 
Traditionnellement, cette journée célèbre l'anniversaire du prophète Mohamed mais, ici, cette fête semble beaucoup plus "païenne" voire complètement "harām" !
Des milliers de gens sont attendus pour des processions dans les rues, des offrandes sont laissés au Mausolée de Cheikh El Kamel. Des confréries, notamment celle de Aissaouas viennent y accomplir leurs rites.
Si Nasser, mon voisin, nous prévient : "Vous allez voir des atrocités !". On nous déconseille aussi de nous vêtir de rouge. Difficile d'avoir plus d'explications.... surtout rationnelles !

Un peu sceptiques et surtout très curieux, nous nous rendons dans le quartier des processions. En effet, il y a foule ! Un vrai combat pour avancer, et ne pas se perdre. Nous croisons des groupes de musiciens traditionnels, des "chars" avec des Coran géants, de bougies ou des tapis de prières énormes.....
Mais point d'atrocités ! Nous avons certes aperçus de loin une femme dansant, semble-t-il, en transe.... mais pas davantage.
Il nous faudra attendre le lendemain pour en savoir plus. Abderrrafie, un bénévole du centre, nous rejoint en médina et nous pouvons enfin lui demander ce qu'est toute cette agitation.

A une certaine époque, des groupes de mystiques entraient en transe au son de certaines musiques "hallucinogènes". Se déroulaient alors des scènes assez violentes dans les rues : des hommes ou femmes, tout de blanc vêtus, commençaient par gesticuler, criaient tels des fauves et allaient même jusqu'à déchiqueter des proies qu'on leur jetait vivantes ! En l'absence de chair,  ils rentraient dans une rage diabolique et pouvaient alors se jeter sur le public !! D'où le conseil de ne pas s'habiller en rouge !
Bien sûr, tout ceci relève d'une autre époque et surtout d'une légende. A la mort du cheikh, l'un de ses disciples, en état de choc, se mit en transe, lacéra ses vêtements et dévora même un mouton et une chèvre crus ! Ceci est à l'origine de pratiques spécifiques aux Aïssaoua, telle que la hadra, pratique collective de la transe, et la frissa, qui consiste à dévorer un animal cru.
Aujourd'hui, l'ambiance est très familiale et festive, mais les souvenirs de ces pratiques ont la vie dure et beaucoup de musulmans boycottent cette tradition, qui n'a rien d'islamique....



Balade dans la médina de Meknès, bien plus paisible que le quartier du Mausolée !

Les affaires sensibles

18:12:00
On m'avait prévenue avant d'arriver que 2 sujets de conversation étaient particulièrement à éviter au Maroc : le Roi, très respecté Commandeur des Croyants, et la situation politique du Sahara occidental. J'ai été sage et je ne me suis pas aventurée dans ces débats. J'ai pourtant un peu fouiné sur le Net, pour en savoir davantage. 

Je suis tombée sur 2 documentaires intéressants que je vous conseille, si ça vous intéresse : 

Tout d'abord, un docu sur l'affaire Ben Barka, et plus globalement les années de plomb sous le règne de Hassan II "Ben Barka, l'obsession":

Et enfin, un documentaire, pas très objectif et mais intéressant sur la situation politique et notamment la culture sahraoui  "Un mur dans le désert" :

Pour autant, n'émettons pas de jugement trop hâtif sur le pays et ses "troubles", le Roi actuel semble jouer autant que possible de modernité avec les stigmates de son passé. Et après tout, quel pays au monde n'a pas de dossiers sensibles ?! 

Un article plus récent, porteur d'optimisme :

Et un docu sur le parcours du Roi Mohammed VI, depuis son enfance :

Achoura chez Fayrous

10:11:00
Depuis quelques jours, une poignée de bénévoles se concertent pour organiser Achoura. Je comprends des bribes de leurs conversations mais je ne saisis pas encore tout.
Hamid m'explique que je suis conviée dimanche après-midi. Fayrous a accouché d'une petite fille, il y a 4 mois et elle propose de nous accueillir chez elle.
Je rejoins donc Naima et Ghizlane place El Hedim et nous allons en voiture chez elle. Là-bas, nous retrouvons quelques bénévoles déjà installés. C'est la première occasion pour moi de les rencontrer hors du Centre et de prendre le temps de les connaître un peu mieux.


Achoura, c'est quoi ?

Achoura est historiquement une fête juive. En en faisant une fête musulmane, le Prophète établit un lien entre les deux religions.
"Acouhra" serait un mot dérivé de l'arabe "asharah" عشرة ,qui signifie le nombre 10. Historiquement, un compagnon de Mohammed demanda aux juifs de Médine pourquoi ils jeûnaient le 10 du mois du Muharram (C'est-à-dire le mois suivant l'Aid El Kebir). Ils lui répondirent qu'ils perpétuaient la tradition de Moïse qui a jeûné Yom Kippour pour remercier Dieu d'avoir sauvé les enfants d'Israël. 
« Nous avons plus de droits sur Moïse que vous », aura affirmé le Prophète, établissant ainsi une continuité entre l’Islam et les autres prophètes. Il jeûna ce jour-là et conseilla aux musulmans de faire de même. 

Pour différencier fêtes juive et musulmane, le Prophète demanda aux musulmans de jeûner le 09 et le 10 de Muharram, premier mois de l’année musulmane. Quoique recommandé par le Prophète, ce jeûne reste volontaire, et deviendra même facultatif quand l’introduction de l’obligation du jeûne du Ramadan eut lieu quelques années plus tard.

Aujourd'hui, Achoura n'est pas fêtée avec la même importance et de la même façon dans tous les pays musulmans sunnites ou chiites.
Dans certains pays à confession chiite, comme en Irak ou Iran, cette fête symbolise le grand jour de deuil marqué par la "Passion d'al-Hussein". Dans les rues, Les hommes se flagellent et s’infligent des coups jusqu’au sang. Les gens se lamentent sur la mort de Hussein.
Ils considèrent, que mis à part les veillées coraniques, les autres pratiques de Achoura sont hérésie !

En Tunisie, l'Achoura commémore aussi le martyre des petits-fils du prophète. C’est un jour où l’on se souvient des morts : il est de coutume d’aller rendre visite aux défunts et d’allumer des bougies autour de la tombe du saint patron du cimetière. 
Dans certains endroits, la veille au soir, les enfants font de grands feux (signe de purification ) et sautent par-dessus en chantant. Dans la région de Gabès, ils font la visite des maisons avec un petit roseau, appelé achoura, que les adultes remplissent de bonbons et de monnaie.

Ici, au Maroc, cette journée est plutôt festive , c'est la fête des enfants et de la famille : on achète de la « fakya » (un mélange de fruits secs), des jouets pour les enfants, des instruments de musique pour festoyer mais certains jeûnent aussi et organisent des veillées coraniques.  C'est aussi un jour de partage et de charité. Achoura rappelle l'obligation de faire l'aumône, la Zakat, destinée à aider les plus démunis.

Au Maroc, il semble que l’Islam soit pratiqué ce jour-là à dimension humaine, avec une signification sociale indéniable, au grand dam de tous les fanatiques.


La fête de l'Aïd au Maroc

12:46:00
Comme partout au Maghreb, cette fête est célébrée (lundi 12 septembre cette année) dans toutes les familles marocaines. 
C'est aussi la fête pour les chats !

L'Aïd El Kebir : qu'est-ce que c'est ?


Cette "grande fête" marque la fin du pèlerinage à La Mecque, l'un des 5 piliers de l'Islam. Cette fête commémore le sacrifice que Dieu demanda à Abraham pour tester et éprouver sa foi, en sacrifiant son fils, Ismaël. Il fut arrêté par Gabriel, qui remplaça l'enfant par un mouton. 
Cela marqua aussi la fin des sacrifices d'enfants.

Aujourd'hui

Eliès, le petit-fils de la famille, réclame une photo de lui.
Les musulmans commémorent cet événement en sacrifiant un animal. C'est surtout un moment de convivialité, de retrouvailles et d'hospitalité.

A cette occasion, me voici donc invitée à partager ce moment chez mes voisins, Mr Nasser et sa famille.


Cette fête dure généralement 3 jours :
Le premier jour, la plupart des marocains sacrifient le mouton et préparent le Boulfafe et la Douara, à partir des organes de l'animal.

Le deuxième jour, c'est le couscous et les brochettes qui sont servis.
Mr Nasser sert le traditionnel thé.

Enfin, le troisième jour est consacré au découpage de la viande. Beaucoup de personnes le font à la maison; mais d'autres vont choisir l'option du boucher, pour se simplifier la tâche. 


Un voisin vient les aider au sacrifice du mouton. Cela se passe dans la cour de la maison.

Nous buvons tous ensemble le traditionnel thé marocain (recette su un post à venir) puis passons à table.


Just for fun :


Carte d'identité du Maroc

11:55:00

Petit descriptif rapide du pays (merci au guide du Routard)



Superficie : 710 850 km² avec le Sahara occidental et 446 550 km² sans
Population : 34 millions d'habitants (recensement 2014).
Capitale : Rabat

Religions : l'islam
Langue officielle : arabe et amazigh sont les langues officielles. Le dialectal et le français sont utilisés couramment.
Monnaie : le dirham


Chef de l'État : le Roi Mohammed VI depuis Juillet 1999. (Monarchie constitutionnelle )

Salaire minimum : environ 24000dh (environ 225€)


Sites inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco : 


  • les médinas de Fès (1981) et de Marrakech (1985), 
  • le ksar d'Aït-Benhaddou (1987), 
  • la ville historique de Meknès (1996)
  • la médina de Tétouan (1997), 
  • le site de Volubilis (1997), 
  • la médina d'Essaouira (2001), 
  • la cité portugaise d'El-Jadida (2004), 
  • Rabat, capitale moderne et ville historique : un patrimoine en partage (2012) et Rabat (2012).
À son arrivée au pouvoir, Mohammed VI a hérité de trois gros fléaux : la corruption, le trafic au noir et le trafic de drogue (le Maroc est le deuxième exportateur mondial de haschisch).
Aujourd’hui, force est de constater que l’économie du pays, pourtant très dépendante de la vitalité du secteur agricole et de la conjoncture européenne, résiste plutôt bien, avec une croissance de 2,4 % en 2014, autour de 5 % prévue en 2015, et une diminution de son déficit commercial (notamment grâce à la baisse de la facture énergétique).

Fourni par Blogger.