Carnet de route
Noël dans le Sud (1)
Etape 1 : Matmata - Tamezret
Dimanche 28 décembre : debout à Lille, décollage de Bruxelles, changement de bagages à Tunis pour un départ vers Gabès dans la nuit !
Avec Martin, nous arrivons à la gare de Gabès au milieu de la nuit. Nous sommes rejoints par Boualem, Christophe et Florence au petit matin.
Sans plus attendre, nous louons une voiture et faisons cap vers Matmata !
Je retourne sur les traces de mon périple au printemps dernier avec Emese. Autant d’excitation et d'impatience, mais mon attelle en moins ! Sahha !
Le village troglodyte est calme et nous nous promenons à la recherche des maisons enterrées. C'est dans ce décor lunaire, aux 700 habitations enterrées, que furent tournées plusieurs scènes du premier épisode de Star Wars ! Forcément on se prête au jeu d'une bataille au sabre laser !
Aujourd'hui, la majorité des habitants a déserté ces maisons en raison des importantes crues dans les années 60.
Aujourd'hui, la majorité des habitants a déserté ces maisons en raison des importantes crues dans les années 60.
On continue notre route vers Tamezret. C'est un village berbère très ancien, accroché à un piton rocheux, dont certaines maisons dateraient de plus de 2000 ans ! A cette époque, la défense du village était une priorité et on devine encore les murs d'enceinte du bourg. Chaque maison est reliée à sa voisine grâce à un passage souterrain. Il y aurait même un tunnel de plus d'un kilomètre qui permettait, en cas de siège, d'atteindre une source des environs.
Boualem se sent comme au bled et les lieux lui rappellent son enfance.
Boualem se sent comme au bled et les lieux lui rappellent son enfance.

Etape 2 : Toujane
En fin d'après-midi, nous arrivons à Toujane. je suis super contente de revoir Bechir, Leïla et leurs enfants. Ils nous accueillent les bras grands ouverts et c'est un bonheur de les retrouver et de les présenter aux autres. Depuis le temps que je leur en parle...
Nous logeons dans les chambres troglodytes que Béchir a rénovées et où j'avais déjà dormi avec Emese. Alors qu'il y faisait frais cet été, il fait aujourd'hui une température de 18-20° pendant l'hiver ! Climatiseur naturel, dit-on. Le village est toujours aussi zen et le petit déjeuner mouch normal !
Forcément, on passe un long moment à regarder les tapis tissés par Leïla et les femmes du village. Bechir nous offre le thé, nous explique les traditions berbères liés au tissage et à ses symboles.
Dur d'y résister ! D'ailleurs je ne cherche plus à résister et je passe une nouvelle commande !

Le lendemain matin, nous nous levons de bonne heure pour entamer une randonnée au-dessus du village de Toujane. Nous crapahutons sur la montagne et nous arrivons autour d'un oued. Palmiers, figuiers et oliviers nous entourent. La randonnée nous emmène de l'autre coté du village. La vue est toujours aussi belle : de notre gite on aperçoit le bleu de la mer du golfe de Gabes. Le soir, on devine même les lumière de l'aéroport de Djerba.
Ce village est un gros coup de cœur pour nous tous. Il est l'un des rares villages traditionnels berbères à être encore habité, contrairement à Douiret et Guermessa, totalement désertés aujourd'hui.
Ce village est un gros coup de cœur pour nous tous. Il est l'un des rares villages traditionnels berbères à être encore habité, contrairement à Douiret et Guermessa, totalement désertés aujourd'hui.

Etape 3 : Ksar Hallouf
Au petit matin, nous quittons Bechir et sa famille et nous reprenons la route. Notre périple nous fait passer à Ksar Hallouf.
Ce Ksar, au milieu de son oasis de palmiers, présente un ensemble de ghorfas, des greniers sur plusieurs niveaux. On dirait une ruche.
Chaque famille possédait un espace où stocker les réserves alimentaires en toute sécurité, en haut du village. Cela répondait à un besoin de protection des récoltes, lorsque les familles partaient conduire les troupeaux et confiaient la garde du village à quelques hommes. On craignait des attaques des nomades du désert.
Etape 4 : Guermessa
Au printemps dernier, mon attelle m'avait empêchée de découvrir le village de Guermessa et je n'avais pas pu aller plus loin que le parking, effrayée par le rude sentier qui mène à ce nid d'aigle.
Cette fois, je prends d'assaut ce village berbère, abandonné en 1969 suite à d'importantes inondations. La population s'est alors installée plus bas, dans la plaine, et a gagné en confort moderne.
Cette fois, je prends d'assaut ce village berbère, abandonné en 1969 suite à d'importantes inondations. La population s'est alors installée plus bas, dans la plaine, et a gagné en confort moderne.
Les maisons sont vides de leurs habitants mais on découvre encore de nombreux vestiges et traces de leur vie quotidienne.
Nous avons l'impression d'être des explorateurs et nous ne voyons pas le temps passé, tant le village est grand et riche en habitations, mosquée, ateliers...etc. D'autant plus que ce lieu n'est pas du tout touristique, ce qui parait incroyable en le visitant.


Laissez moi un petit mot !