Ce rituel marocain, symbolisant l’hospitalité et la bienvenue dans un foyer, est bien plus qu'une boisson, c'est tout un art de vivre. Il est souvent servi par l'homme de la maison, parfois le fils aîné. Et dans tous les cas, il ne se refuse pas.
| Mr Nasser sert le thé à l'Aïd |
Le rituel du thé
Le thé est servi à toutes les occasions (fêtes, rencontres, soirées familiales) et tout au long de la journée. On lui prête de nombreuses vertus, notamment tonique et digestive.
S'il fait partie de la culture et du folklore du Maghreb à part entière, le thé à la menthe est pourtant arrivé tard : probablement vers la fin du 19ème siècle par les Anglais. Avec la guerre de Crimée, ils n'avaient plus accès aux pays ottomans, et ils se tournèrent vers le Maghreb pour écouler leur stock !
Passons à sa préparation :
Sa préparation peut varier d'une région à l'autre des pays du Maghreb. Par exemple, il sera plus sucré dans le Nord du Maroc que dans le Sud et avec des pignons de pin en Tunisie !
Le thé est obtenu grâce à l'infusion des feuilles de thé vert (les petites boite vertes, type Gunpowder, "poudre à canon" car ses feuilles sont roulées en petites boule), de la menthe nanah, et bien sûr, du sucre, du sucre et du sucre ! D'ailleurs, les Marocains n'utilisent pas des morceaux de sucre mais des pains !
- D'un côté, faire bouillir l'eau et de l'autre, préparer la théière avec une petite quantité de thé Gunpowder.
- Lorsque l'eau frémit, en verser une petite quantité (l'équivalent d'un petit verre) dans la théière et laisser infuser une minute. Ensuite, jeter le liquide. Cette étape permet de "laver" le thé, et lui enlever sa première amertume, et une partie de sa théine.
- Ajouter l'eau chaude souhaitée et les feuilles de menthe (fraîche si possible). Attention à bien noyer les feuilles de menthe : si elles flottent, elles prennent un goût de brûlé. Les Marocains se moqueront en le nommant "thé brûlé" !
- Ajouter les morceaux de sucre (ici, environ une 20aine de sucre pour une théière de 1 litre ! )
- Pour le remuer, pas de cuillère mais un verre dans lequel on verse du thé, et que l'on remet dans la théière. Et cela, plusieurs fois de suite, afin de mélanger et aérer le thé et le rendre plus "mousseux".
Tout l'art de ce rituel est dans cette dernière étape car, seul le "thé mousseux" honore l'invité. La mousse est un présage de chance et de fortune !
Ensuite, on le déguste, bien chaud et sûrement plusieurs fois :
la première fois, le thé est "amer comme la vie",
la deuxième fois, un peu plus sucré, "doux comme l'amour"
le dernier, sirupeux, "suave comme la mort"









